Boreal immensity and Cree traditions

Immensité boréale et traditions cries

Incursion dans Nibiischii, la Réserve faunique des lacs Albanel-Mistassini-et-Waconichi - Eeyou Istchee Baie-James. En ce début d’août, une expédition se met en branle avec l’exploratrice Hélène Phillion, kayakiste invétérée, passionnée de randonnée, de plein-air et, par-dessus tout, amoureuse de la nordicité pour tout ce qu’elle apporte en termes de connexion avec la réalité, avec la culture autochtone,
avec les traditions.

-Texte par Josée Marie Côté

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Hélène se greffe alors à un groupe de deux pêcheurs, Alexis et Jean-Philippe accompagnés de leurs guides cris Allan et Kenneth et de l’équipe de tournage de Hooké afin de valider la première phase de développement d’un important réseau de routes canotables au nord-ouest de cette réserve faunique d’Eeyou Istchee Baie-James. Leur trajet les mènera à 3 heures de chemin forestier au nord de Chibougamau, aux abords du lac Robineau. C’est la meilleure période de l’été pour explorer ce vaste territoire où les amateurs d’expériences éconature peuvent assouvir leur soif d’aventure et parfaire leurs connaissances des traditions issues de la nation crie.

Partis du lac Robineau où un camp de base de type « cool box » a été aménagé afin de permettre aux utilisateurs une planification maximale de leur séjour de canot-camping, l’équipée charge les embarcations qui les porteront, en cette première étape, 11 kilomètres plus au nord, où leur site de camping les attend. Le parcours est d’ailleurs muni de nombreux emplacements spécialement aménagés avec tipis comme abris et séchoirs à poisson pour les pêcheurs. Ces sites sont également utilisés de façon traditionnelle par les familles cries du territoire.

Partie intégrante du territoire cri, l’exploration de cette splendeur naturelle ne saurait être complète sans une incursion dans la culture locale. La richesse et l’immensité des lieux imposent humilité et respect, deux valeurs chères à la nation crie qui peuple la région, aux limites de la taïga et de l’Arctique.

Divers trajets s’offrent alors aux inconditionnels d'aventures plein-air. L’axe canot-camping de type exploration en presqu’autonomie, où les plus expérimentés peuvent mettre à l’épreuve leurs habiletés de pagayage ainsi que leurs aptitudes logistiques. Un parcours-client est aussi prévu avec des circuits auto-guidés où l’utilisateur peut être accompagné dans l’organisation de son expédition et recevoir des cartes précises pour connaître les mesures de sécurité et l’emplacement exact des infrastructures. Peu importe le type d’activité priorisé, la sécurité est au centre des préoccupations pour les administrateurs de la réserve avec des points de géolocalisation, un dispositif de sécurité incluant signal de détresse et évacuation d’urgence en hélicoptère en cas de besoin. C’est pourquoi il est primordial de s’enregistrer avant le départ afin de bien choisir le niveau d’activité que l’on recherche et d’obtenir le support logistique nécessaire.

Le secteur du lac Robineau offre un parcours exceptionnel à naviguer qui combine le lac et la rivière Robineau jusqu’à la jonction des lacs Canotaicane et de l’Hirondelle où, disséminées sur l’ensemble des trajets, des installations pour les campeurs ont été mises en place afin d’agrémenter leur parcours. Pour les pêcheurs qui accompagnent Hélène dans cette escapade, une véritable pêche miraculeuse est venue combler leurs attentes tant les eaux en étaient poissonneuses. La réserve faunique regorge d’une multitude de poissons dont le fameux brochet, un ésocidé qui revêt une importance capitale dans la culture crie.

Hélène, adepte du nord,de ses grands espaces et de la richesse de la culture autochtone, se souviendra toujours de sa première escapade dans l’espace sans bornes de la nordicité comme de l’élément déclencheur de sa dépendance pour ces contrées indomptées.

La toponymie des lieux est inscrite en langue crie, ce qui ajoute à l’authenticité de ce grand territoire. En poussant un peu la curiosité, on peut même apprendre quelques termes cris tels que : « bonjour, wachiya et merci, meegwetch ». À la fin de la journée de canotage, Allan et Kenneth, les deux guides cris expérimentés qui accompagnent le groupe, en plus de connaître la région du Nibiischii sur le bout des doigts, ont pris plaisir à raconter des histoires autour du feu se rapportant aux traditions de leur communauté tout en partageant leur recette de la traditionnelle bannique sur bâton.

L’un des objectifs de l’expédition était de valider le parcours proposé, tester les sites de camping, les points d’intérêt et les diverses infrastructures. Un autre but visé était de développer de nouveaux trajets à faire découvrir aux futurs utilisateurs ainsi que leurs sites de campement qui se sont avérés faciles d’accès, bien répertoriés et parfaitement intégrés à l’environnement. Cet immense territoire bordé de majestueuses forêts d’épinettes noires s’étendant sur plus de 16 000 kilomètres2, compte plus de 5 000 lacs et rivières spectaculaires. D’ailleurs Nibiischii, nom de la corporation opérant la réserve faunique, signifie « Terre des Eaux », l’endroit où naissent les grandes eaux naturelles du Nord.

Après 5 jours de découvertes à pagayer et portager sur les innombrables formations du lac Robineau et de ses confluents et 4 nuits à tester les différents sites de campement, c’est la tête remplie de souvenirs de pêche, d’immersion au cœur de l’immensité boréale et d’une culture vibrante que notre valeureuse équipée retourne au camp de base. En explorant les richesses naturelles de la réserve faunique des lacs Albanel-Mistassi-ni-et-Waconichi, c’est encore et toujours ce même sentiment de grandeur et d’humilité qui l’habite à la vue d’un spectacle aussi majestueux, empreint d’authenticité.

En collaboration avec Nibiischii, Tourisme Eeyou-Istchee-Baie-James et Tourisme Autochtone Québec.