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Mon périple en Australie

27 juin 2019

À l’époque ambassadeur et depuis, animateur de la saison 2, Alexis est maintenant photographe pour Hooké. En permanence motivé par les voyages exotiques de pêche, il détaille ici le scénario de son expérience de pêche la plus mémorable.

Mon périple en Australie

Pour certains, aller à l’autre bout de la planète pêcher à la mouche peut sembler insensé. À l’inverse, l’inconnu et l’envie d’explorer m’ont toujours attiré.

Avant de quitter le Canada, je savais deux choses sur l’Australie : un territoire bordé par 59 000 kilomètres de côtes et une population locale démontrant un intérêt minimal pour la pêche à la mouche. Je me disais que s’il était difficile de me renseigner avant d’arriver sur place, je ne manquerais tout de même pas d’opportunités d’avoir du fun!

En Tasmanie, jour après jour, je capturais certaines des plus grosses truites brunes de ma vie, sans rencontrer le moindre pêcheur. Là-bas, on ne porte pas ses waders pour marcher dans l’eau ou se garder au chaud, mais dans l’objectif de se protéger des morsures de serpents venimeux. À l’évidence, c’était un incroyable début de voyage, mais j’ai réalisé que je n’étais pas venu à l’autre bout du monde pour pêcher de la truite.

En discutant de mes plans de voyage avec les rares pêcheurs locaux, j’ai entendu des histoires invraisemblables sur des poissons tellement immenses qui nous forcent à s’y prendre à deux pour les sortir de l’eau.

Mon périple en Australie

Sans me poser de questions, je suis monté dans un petit avion en direction de la ville de Cairns. En sortant de l’aéroport, je me suis tout de suite senti écrasé par la chaleur pesante de l’été dans le Queensland. Il devait faire plus de quarante degrés !

J’ai attrapé un bus jusqu’à Cardwell, une petite ville de 1000 habitants au nord-ouest de l’Australie, et je me suis rendu au fly shop de l’endroit pour rencontrer des pêcheurs et en apprendre sur les spots. Dès mon arrivée, j’ai fait la rencontre de Jonathan.

Jo est comme moi; un pêcheur à la mouche qui voyage à travers le monde avec une soif intarissable d’aventure. La connexion entre nous deux s’est installée sur le champ. Dès le lendemain aux petites heures du matin, j’étais sur son bateau en direction de la grande barrière de corail. À la sortie du port, j’ai tout de suite été saisi par la vue sur les montagnes d’Hinchinbrook Island qui prennent vie avec les premiers rayons du soleil.

Alors que nous étions en chemin pour le récif le plus proche à plus de 30 kilomètres au large, je m’émerveillais déjà par le spectacle qui se déployait devant mes yeux; rien de ce que j’avais vu dans ma vie ne pouvait se comparer à cette première sortie de pêche.

À cette heure, on peut y voir d’immenses chauves-souris renard pouvant atteindre plus d’un mètre et demie. Leurs cris stridents, qui se mêlent à celui des cacatoès et des autres oiseaux exotiques, me donnaient l’impression d’avoir été transporté dans un lieu où la nature est toujours en pleine effervescence.

Alors que je m’émerveillais devant cette toile vivante, Jo m’a rapidement ramené à la réalité en s’exclamant, les yeux ronds comme des billes : « Fish! Fish! ». Plusieurs thons s’attaquaient à un banc de petits poissons en surface. J’ai agrippé la canne la plus proche et, dans une frénésie chaotique, j’ai réussi à placer un lancer tout près de l’action.

Au premier stripe, un thon a pris ma mouche violemment et en un instant, je me suis retrouvé sur le backing! J’ai ajusté le frein de mon moulinet au cran le plus serré et après deux bons sprints, je suis finalement arrivé à remonter mon premier thon.

La journée avançait doucement mais après un certain temps, nous avons décidé que le temps était venu de mettre nos énergies sur les vrais affaires et de nous concentrer sur l’espèce que nous étions venus attraper. Nous avons repris notre itinéraire en direction de la grande barrière de corail.

 

Mon périple en Australie

 «Le Giant Trevally – ou GT – est une véritable espèce prédatrice pouvant peser jusqu’à 170 livres. Ce poisson est sans conteste l’un des plus agressifs que l’on peut retrouver en Australie. Son attrait principal pour un pêcheur à la mouche provient du fait qu’il se nourrit très souvent en surface, permettant ainsi une dynamique de pêche idéale.»

Le paysage était spectaculaire. Le fond s’animait. Des couleurs et des formes se traçaient en dessous de nous. L’eau était si claire que j’avais l’impression que nous survolions littéralement les coraux. Contrairement à moi, mon comparse ne semblait pas estomaqué par ce décor à couper le souffle. J’oubliais pour une deuxième fois les poissons.

Nous avons commencé par parcourir le récif à la recherche de fusiliers, une famille de petits poissons qu’affectionnent particulièrement les GT. Après quelques tentatives infructueuses, nous avons aperçu un énorme attroupement. Convaincus qu’un GT ne devait pas être bien loin, nous avons dirigé le bateau dans cette direction et Jo a lancé un immense popper sans hameçon au milieu du groupe.

De mon côté, j’étais prêt à lancer une grosse mouche aussitôt qu’un GT viendrait attaquer l’appât. Le temps semblait s’être figé jusqu’au moment où une énorme vague est venue engloutir le leurre. Après deux grands coups de tête, le GT a relâché l’appât tendu et j’ai enfin pu placer ma mouche au-dessus de lui. Avant même que j’aie eu le temps de réagir, il a pris la mouche et a déroulé toute la soie et plusieurs mètres de backing. Le GT s’agitait dans toutes les directions. Mon moulinet était serré au cran maximal. Jo a manœuvré habilement le bateau pour nous éloigner le plus rapidement possible du récif afin d’éviter que ma ligne ne se brise sur les coraux acérés. Après avoir livré une rude bataille, j’ai réussi à mettre la main sur mon premier GT.

J’étais aux anges.

J’arrivais à peine à réaliser ce qui venait de se passer que Jo dirigeait déjà le bateau vers un archipel non loin de là. Après nous être stabilisé, nous avons regardé les courants se former autour de nous afin de cerner les mouvements de la mer. Nous avions l’impression que la tension montait dans le règne animal. Les oiseaux au-dessus de nos têtes devenaient de plus en plus nombreux et les thons sous la surface s’agitaient. Nous avions la forte impression que tous attendaient un généreux repas. Rapidement, nous avons vu arriver le premier banc de GT, suivi d’un second, et d’un troisième !

Il s’est ensuite produit un évènement qui demeure, à ce jour, mon expérience de pêche la plus mémorable. Jo et moi avons tous les deux pêché plusieurs dizaines de poissons. Une prise aussitôt relâchée qu’une autre était aussitôt attrapée. Nous ne capturions pas seulement des GT, mais aussi des thons, des maquereaux et des poissons-reines. Toute cette agitation marine a appelé de nouveaux participants au festin. Près de la moitié des poissons pris au bout de nos lignes se faisaient intercepter par des requins. Une canne cassée, quatre doigts lacérés par la soie de ma ligne et tous les muscles de mon corps endoloris se sont avérés un faible prix à payer pour une telle expérience.

Le soleil affichait ses derniers rayons. Le temps était venu de rentrer au port et de quitter ce lieu magique avec des souvenirs indélébiles. Comme si nous n’arrivions pas à croire ce qui venait d’arriver, Jo et moi n’avons pas prononcé un seul mot pendant tout le chemin du retour.

 

P.s. Un jour, je suis arrivé à soulever de l’océan un thon de plus de 100 livres… insensé, non?

Tiré du Magazine Hooké no. 1, écrit par Alexis Pageau.

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