fbpx
search

L'isolation Nordique

13 août 2018

Jusqu’où au nord peut-on aller avant de perdre contact avec la civilisation ? À quel point au nord est-ce que votre situation géographique commence à affecter votre vie quotidienne ?
Apprenez-en plus sur dans ce texte de Derek Martin, alors que ces questions sont devenues sa réalité lors d’un récent voyage au Nunavik, dans le nord du Québec et qu’il a eu la chance de voir ce qu’est de vivre dans l’isolement du Nord.

L'isolation Nordique

Alors que notre avion s’approchait de Kanjirsuk, un rapide coup d’œil par la fenêtre et il était clair que nous étions en territoire sauvage. Nous avions à perte de vue un horizon gris et nuageux et de longues silhouettes rocheuses dépourvues de végétation. Volant le long de la baie d’Ungava, nous avons aperçu, ce qui serait pour la prochaine semaine notre maison d’accueil. Elle se trouvait nichée à l’embouchure de la rivière Payne. Ma première impression fut de penser que ce petit village semblait sortir de nulle part, comme s’il venait d’apparaitre à cet endroit précis, sans raison.

Après s’être installés dans nos chambres, nous avions hâte de se promener dans le village. En marchant, nous nous sommes dirigés vers un petit quai, qui semblait être le point central de la communauté. Un bon nombre de personnes étaient rassemblées autour d’un bateau qui semblait se préparer à partir. L’équipement vidéo et nos appareils photo nous démarquaient du groupe, mais nous avons rapidement été accueillis par les locaux. « Winnie » fut la première personne à nous parler, elle avait un sourire contagieux qui nous a fait sentir être à la maison. Winnie nous en expliqua l’histoire et comment le bateau avait été récemment acheté et apporté pour la communauté. Le bateau et l’équipage prenaient le large en direction de la baie d’Ungava, pour plusieurs jours, possiblement même une semaine pour ramener du poisson et des pétoncles pour tout le village. À ma grande surprise, parmi l’équipage du bateau il y avait à bord quelques garçons qui semblaient être âgés de 5 à 8 ans. Winnie nous dit que les garçons devaient apprendre à pêcher et à naviguer les bateaux à un très jeune âge, car le village se tournerait éventuellement vers eux pour prendre le large et rapporter de la nourriture. C’est à ce moment que j’ai ressenti et compris à quel point cette région et cette communauté étaient isolées et séparées de la vie quotidienne à laquelle nous étions habitués.

« Vivre de la nature » était une expression que j’avais lue dans des livres et vue dans des films, mais j’ai été témoin pour la première fois ce que cela signifiait vraiment. Pour ces raisons, je suis éternellement reconnaissant envers nos amis du Nord.

L'isolation Nordique

Nous avons eu le grand plaisir de monter la rivière Payne, avec ce qui semblait être des canots plus grands que nature, à la recherche d’omble chevalier. La baie d’Ungava compte des marées parmi les plus hautes et rapides du monde. Nous ne savions donc pas que nous devions relever le défi de synchroniser nos sorties et notre retour au village avec les marées, par crainte d’être coincés entre les cycles de ceux-ci ! Pour se rendre au point stratégique où le guide nous plaçait, l’eau turbulente et la température ont rendu notre trajet en amont difficile. Rendus, par contre, le temps a semblé changer en notre faveur et l’omble chevalier était de la partie. C’est vraiment incroyable de pêcher dans ces eaux claires et de regarder ces créatures incroyablement puissantes chasser nos mouches vives et colorées. Quand ils mordaient, c’était un plaisir garanti !

L'isolation Nordique
L'isolation Nordique
L'isolation Nordique
L'isolation Nordique

J’ai vraiment aimé le temps que nous avons passé à apprendre à connaître nos guides et comprendre leur culture. Malheureusement, nous venions de manquer la migration du caribou au travers du village. Les caribous marchent en paquet et on les compte par milliers au travers du village. La population du village compte sur cette migration pour en faire la chasse et récolter la viande pour l’ensemble du village. La communauté possède un refroidisseur commun, situé au centre du village, où la viande est découpée et divisée uniformément parmi la population, les ainés ayant la priorité. Il était clair pour nous que ce n’était pas une chasse sportive ou pour le divertissement, mais plutôt comme une source de survie. Les mois d’hiver sont brutaux et les gens doivent s’assurer qu’ils ont suffisamment de nourriture pour nourrir leurs familles.

Avec l’invitation de Winnie et sa famille, nous sommes allés à leur « camp d’été ». Un endroit où ils allaient généralement chasser et profiter d’une tranquillité. Entendre les histoires et discuter avec nos nouveaux amis me donnait des frissons à chaque fois. De la chasse aux bélugas, aux caribous, aux phoques et même aux rencontres avec des ours polaires, j’étais époustouflé par le statu quo de la vie et l’isolement du Nord. C’était en fait, la réalité de Winnie et de sa famille.

Bien que différents, isolés et choquants par moment, le sens de la communauté, l’amour du patrimoine, leur culture et leur mode de vie se distinguaient de tout ce que nous avons vécu.

Tiré de Hooké Magazine Édition 1

Posts récents

Inscrivez-vous à notre infolettre

Close video panel